Jean-Louis Murat au Kao à Lyon

Publié le par ErMa

Jean-Louis Murat au Kao à Lyon

 

C'est au Kao que Jean-Louis Murat avait choisi de faire étape dans le cadre de la tournée de promotion de son nouvel album  : "Grand lièvre", que j'avais pris la précaution d'acheter à la FNAC une dizaine de jours avant, afin de bien m'en imprégner.

 

Le Kao donc : adossé à la brasserie Ninkasi dans le quartier de Gerland, Lyon 7ème, une salle de concert classique et de taille modeste, aux murs totalement noirs, où l'on se tient debout. Étant arrivés de bonne heure, nous avons pu assister de très près (à quelques pas de l'estrade) à la prestation du Maître.

 

Un spectacle désormais sans surprise dans une salle archi-comble. JLM, jean et chemise noir et blanc, est apparu à l'heure et en bonne forme pour attaquer dare-dare par "Qu'est-ce que ça veut dire", un très beau mélange d'ironie amère et de détachement, typiquement muratien, dans une ambiance rappelant à la fois "Lilith" et "Moscou", et qui constitue pour moi le titre phare de son nouvel opus. Comme le veut la tradition, j'ai pu reconnaître défiler les principaux morceaux de "Grand Lièvre", dont le nonchalant "Je voudrais ne pas me perdre de vue" (au dandysme un peu abscons salué par la rédac' de Télérama), le très lyrique "Alexandrie", le pastoral "Vendre les près", dénonciateur de l'exode rural auquel est naturellement très sensible le pâtre auvergnat, puis une version rutilante des "Rouges souliers".

 

Est venu ensuite le temps des reprises avec une petite frustration quand même : l'auteur est si fécond et prolixe, son oeuvre si vaste (un album par an minimum depuis quinze ans) qu'il est difficile de trouver dans les choix faits pour une soirée de ce type une adéquation parfaite avec les morceaux que l'on aurait aimer voir jouer, au premier rang desquels je placerais "La chanson de Dolorès", "Se mettre aux anges" ou encore "La mésange bleue" (liste bien entendu non limitative). Mais qu'importe... Dans la demi-douzaine de titres à la tonalité résolument rock, qui tranchait avec le son plus soft de ses albums studio, j'ai noté une version de "Jim" de la même facture que celle de "Muragostang" et un titre très fréquemment recyclé : "Foule romaine", sans doute parce qu'il permet de faire monter l'ambiance en s'assurant de la participation du public lors du refrain.

 

A la fin, la température avait singulièrement monté, le public dansait, sur ma droite je voyais deux nanas qui chaviraient en regardant le Maître avec adoration. Après le traditionnel rappel, JLM est revenu sur scène en lançant des baisers à la foule avant de disparaître définitivement dans les coulisses.

 

Les portes se sont ouvertes en libérant la fraîcheur. Ouf ! Une partie du public faisait la queue pour la séance de dédicaces annoncée par l'affiche placardée à l'entrée de la salle. Devant nous un pré-ado accompagné de ses parents disait : "Papa qu'est-ce que tu vas bien pouvoir faire dédicacer, vu que les disques tu les as déjà TOUS ?". Ça m'a fait sourire. En rentrant (à pied...  quel bonheur !...), les oreilles encore bourdonnantes dans la fraîcheur du soir, longeant le restaurant le "Carnegie Hall" installé à la place des anciens abattoirs, je me suis rappelé que les disques de Jean-Louis Murat, moi aussi je les avais TOUS !


Publié dans Ecouter

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D

Beau commentaire de quelqu'un qui apprécie MURAT. Y'a pas que des ânes dans notre beau pays ...
Mon blog : didierlebras.unblog.fr et didierlebras1.unblog.fr (pour les inédits) + didierlebras2.unblog.fr (dictionnaire muratien en cours d'élaboration).


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