ScandiTour II - Oslo

Publié le par ErMa



Cinq cents kilomètres au travers de grandes étendues de sapins, voilà Oslo.

Le ciel gris renforce l'aspect austère de la ville. Face au port, la silhouette mastoc de l'hôtel de ville. Pas un modèle de légèreté.

Promenade à pied : Palais Royal, Karl Johans gate, Damstredet et le quartier de Grünerlokka, plus "bohème".

La ville ne séduit pas plus que ça à la première approche, pourtant, à la réflexion, il y a quand même quelque chose qui passe. Et avec un recul de quelques jours, on finit par découvrir qu'une certaine magie a opéré. Comme si certaines impressions, à caractère non-immédiat, avaient besoin de percoler avec lenteur au travers de notre cerveau pour produire leur plein effet.

Pourquoi ? Et puis une pensée me traverse.

"Le cri". La célèbrissime toile de Munch. Volée en 2004 sans avoir jamais été retrouvée. Un tableau qui m'a toujours profondément ému et dont le poster a longtemps occupé les murs de mes différents domiciles.

Et au détour d'une page du guide vert, je découvre qu'un  deuxième exemplaire est visible à la Galerie Nationale d'Oslo...

Direction "Galerie nationale" donc. Ventre à terre.  La visite du musée est... gratuite, ce qui permet de reposer un peu le portefeuille car la vie est en Norvège horriblement chère.

Voilà une visite de musée prodigieusement dépaysante, car le fil de nos déambulations permet d'admirer des peintres rigoureusement inconnus au bataillon de notre culture habituelle avec notamment de prodigieux éclairages de paysages d'une sauvagerie extrême sous le soleil de minuit.

Puis, peu avant la sortie, LE moment solennel arrive enfin. Placée à côté d'une version sublime de "la madone" du même artiste, voilà enfin le chef d'oeuvre du maître !

Émotion... Un peu terne, un peu moins bariolé que la version que j'avais en tête, mais toujours bouleversant...

Vision "expressionniste" de l'angoisse existentielle certainement. Et qui tombe tellement juste, qu'au delà de la beauté indéniable, la violence agressive des couleurs finit par mettre presque mal à l'aise.

Qu'avait donc Edvard Munch dans la tête ?

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