Hurtigruten 5 | Tromsø

Publié le par ErMa



Lorsque nous débouchons sur le "sun deck" ce matin, le Trollfjord emprunte le Tranoyfjorden. Autour de nous, une succession de montagnes enneigées recouvertes d'une couche de végétation sombre et entrecoupées de plaques de neige. Elles semblent flotter dans un grand ciel bleu azur.

Le temps est doux.

Une courte escale à Finsness, petite localité de 5 000 âmes, nous permet de nous dégourdir les jambes. Inscrite sur un petit bâtiment en bois à proximité du débarcadère, nous notons la latitude du lieu : 69° 14'. Bigre, nous commençons vraiment à approcher du Cap Nord !

Le Trollfjord poursuit sa route dans une succession de détroits : Gisundet, Malangen,  Rysstraunen. Toujours le même paysage montagneux, impassible et lointain, à la pureté inaltérable, qui défile sous nos yeux. On entr'aperçoit, à peine discernables à cause de la distance, des habitations minuscules situées en proximité du bord de mer. Ici, tout les repères se confondent : le chaud et le froid, la mer et montagne, le nord et le sud et il naît de ce patchwork improbable quelque chose de très spécial, qui avive les réminiscences, appelle en nous des sensations, des impressions profondément enfouies, et qui maintenant s'interpénètrent et se mélangent, faisant surgir une allégresse légère, une sorte d'éblouissement devant cet immense ciel pur... Curieux...



On nous annonce que nous approchons un courant de marée remarquablement puissant et rapide  avec une vitesse avoisinant les 6 noeuds. On les voit en effet, ces courants puissants, on voit qu'ils modifient la texture de la surface de l'eau et créent des effets d'une infinie variété : alternent des zones où la mer est toute calme comme un oeil immobile posé là et qui regarderait le ciel, d'autres couvertes de ridules qui courent dans toutes les directions, ou encore de vastes moirures un peu opaques, qui se développent en arabesques à la surface. On se dit qu'il y a en dessous des forces perfides qui se développent et qui ne demandent pas mieux que de vous engloutir, et on repense au maelström aux aux autres phénomènes du même type.





















Nous arrivons
à la mi-journée à Tromsø, "porte du Grand Nord" également surnommée - tenez-vous bien - la "Paris de l'Arctique" pour une escale de 4 heures. La vue du pont  monumental de 1 016 mètres de longueur signale l'arrivée vers la ville, bâtie sur une île. Le Trollfjord s'amarre à proximité du "Clipper Adventurer". La cité, qui n'a rien de grandiose au niveau architectural possède néanmoins un charme indéniable. On peut visiter la "Cathédrale des Glaces", ou alors la brasserie Mack, établissement de ce type le plus septentrional au monde (j'ai quand même trouvé que la bière du même nom n'avait rien de bien sensationnel, mais bon,...). Base de départ pour les expéditions polaires, Tromsø est sans doute un peu imprégnée par la légende. Ce qui se perçoit notamment au cours de la visite du musée polaire où une part importante est faite à divers héros des aventures arctiques, notamment Fridtjof Nansen, mais surtout Roald Amundsen, héros national, présent partout dans la ville notamment via différents bustes et statues, et fort de la gloire immense d'être parvenu le premier au pôle Sud au cours d'une compétition tragique qui valut à son rival Robert Scott de périr lors du retour après avoir atteint le but et avoir découvert avec désespoir qu'il avait été précédé.

Le soir, au cours du repas, nous croisons le MS Kong Harald, autre navire de la flotte Hurtigruten.

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