Hurtigruten 11 | Kristiansund

Ciel gris et bas, ce matin, obstrué par de gros nuages lourds.
Nous n'avons débarqué que fugitivement à Trondheim, car l'escale était matinale (6 heures trente), et avec toutes ces soirées passées à observer le soleil se coucher... Au retour à l'embarcadère, une averse brutale nous a surpris.
Une journée qui a commencé en demi-teinte donc. Est-ce la fin prochaine et annoncée du voyage qui alourdit notre coeur et nous anesthésie un peu ? Le bleu que nous avons à l'âme est celui qui semble manquer au ciel. Pour la première fois depuis le début du voyage, la pluie tombe en abondance et martèle les parois du salon panoramique d'où nous voyons la côte défiler : de hautes montagnes que l'on devine loin à l'intérieur des terres, comme empaquetées dans la brume.
Nous n'avons débarqué que fugitivement à Trondheim, car l'escale était matinale (6 heures trente), et avec toutes ces soirées passées à observer le soleil se coucher... Au retour à l'embarcadère, une averse brutale nous a surpris.
Une journée qui a commencé en demi-teinte donc. Est-ce la fin prochaine et annoncée du voyage qui alourdit notre coeur et nous anesthésie un peu ? Le bleu que nous avons à l'âme est celui qui semble manquer au ciel. Pour la première fois depuis le début du voyage, la pluie tombe en abondance et martèle les parois du salon panoramique d'où nous voyons la côte défiler : de hautes montagnes que l'on devine loin à l'intérieur des terres, comme empaquetées dans la brume.
A dix-sept heures précises, nous accostons à Kristiansund. La ville est manifestement la plus peuplée de toutes celles que nous ayons abordées tout au long de la traversée et le port semble très fréquenté. Autour de nous, l'animation fébrile qui caractérise les cités de grande importance. Malheureusement, l'escale est de courte durée et ne nous laisse guère l'occasion de visiter. Tout au plus apercevons-nous sur l'autre rive, derrière la coque d'un des nombreux cargos amarrés le long des quais, une église massive en pierre, émergeant d'un bosquet sombre, et ceinturée d'agréables maisons en bois couleur terre de sienne brûlée. Peu après, le Trollfjord appareille, longe un rivage verdoyant encadré de collines boisées qui prennent peu à peu de l'altitude. Et puis miracle. Car il est dit qu'en Norvège le mauvais temps ne dure jamais toute une journée. La soirée est déjà bien avancée, mais le temps s'est tout à coup éclairci. Un grand ciel bleu nous accompagne silencieusement tandis que nous glissons le long de monumentales montagnes sombres et mélancoliques. Disséminées le long du rivage, minuscules, comme écrasées par ces murailles démesurées, toutes les traces de l'activité humaine, lointaine et dérisoire : des maisons, des grues, des entrepôts. De grands navires de commerce très allongés se présentent sur bâbord, glissant sur l'eau.
Un peu comme un retour au monde. Sur notre droite, nous observons le soleil, qui finit par se coucher derrière un chapelet dîlots épars.
Une première depuis tant de jours.
