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Publié le par ErMa

& AvatarOui, je sais, je fais partie de la bonne dizaine de millions de français qui ont vu le film et ce que je vais dire risque de ne pas être grandement original, mais pourquoi n'aurais-je pas le droit de m'exprimer, à la fin ? Pour tenter d'être bref, et objectiver un peu la chose, j'ai screené mes impressions par grand thème en commençant par l'excellent et en finissant par le (beaucoup) moins bon...

EXCELLENT : les effets spéciaux, comme il se doit. C'est vraiment impressionnant : jungle avec des plantes créées ex nihilo par ordi, animaux fabuleux, oiseau géants avec des ailes à la texture moirée, fluidité des mouvements. Tout un univers vraiment merveilleux. J'avoue m'être épuisé à me poser la question : "mais comment ont-ils bien pu faire ?". Ajoutons que la 3D apporte vraiment un plus en évitant toutefois le spectacularisme (pas d'images qui semblent sortir de partout à la fois et qui auraient tendance à déboussoler le spectateur).

BIEN : le concept du nouveau monde, à la gravité plus faible (ou devine que g, l'accélération de la pesanteur vaut moins que 9,81 m/s²), ce qui explique la taille élancée des habitants, la nécessité pour les humains d'avoir recours à des respirateurs car l'atmosphère est plus ténue, et la présence d'oiseaux géants et de montagnes flottantes. Il y a là un réel effort de recherche de vraisemblance pour constituer un univers cohérent, même si le dernier point est carrément abracadabrant et l'avant-dernier ne résiste pas à une analyse scientifique (je tenterai de le prouver dans un prochain article).

MOYEN : le scénario. Cette fable écologique n'évite pas les poncifs du genre et la mystique pseudo new-age qui se dégage est on ne peut plus convenue et totalement dénuée d'originalité. Mais à l'impossible nul n'est tenu. Quant au message philosophique sous-jacent, il est sans aucune profondeur et tout y est d'un schématisme appuyé. On notera toutefois avec soulagement l'atténuation des manifestations visibles de l'idéologie habituelle de Hollywood, le film étant sensé s'adresser à un public plus large que l'ensemble des citoyens américains : les signes de croyance en Dieu se  dévoilent sur le mode mineur, la référence à la famille est très édulcorée, et  le patriotisme outrancier habituel est à peine visible à en juger par l'absence de drapeaux US dans les images.

FAIBLE : la profondeur psychologique des personnages. Comme de bien entendu les méchants sont vraiment méchants et les gentils gentils. Les méchants ont de gros muscles et un air bassement primaire, les gentils ont l'aspect éthéré et la peau bleue, signe de douceur et de raffinement. L'attitude la plus raisonnable pour s'accommoder de ça me  semble être de se se réfugier dans le second degré en acceptant que le film, pour atteindre le plus grand nombre doive respecter (hélas) certains canons du genre.

CARREMENT PENIBLE : la musique. Même si dans 80% du film elle reste discrète et supportable, la débauche de cuivres et de grosses caisses pendant LA bataille, et les violons pour accompagner le moment (larmoyant) de la victoire continuent à me donner des boutons.

Au final, il faut aller dans la salle obscure en se convaincant qu'on ne va pas voir un film d'Agnès Jaoui avec Jean-Paul Bacri et Anne Alvaro, ni même le dernier opus confidentiel de John Cassavetes.  Moyennant ces restrictions, on passera un moment somme toute agréable en ayant au préalable renoncé à se draper dans les beaux atours de la KULTURE à la française et accepté les règles  qui gouvernent le business de la production cinématographique mondialisée  : ce film est à considérer comme un vrai projet avec un business plan, une équipe de conception et de production, un  planning, un compte du résultats et une rentabilité financière à obtenir. On peut s'en désoler mais c'est comme ça.
  

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