Mort à Kaboul

Publié le par ErMa

Jusqu'alors, les habituelles rodomontades de l'actuel président de la république ne suscitaient de la part de nos partenaires européens que des commentaires amusés (sauf en France où une bonne partie des médias est plus ou moins sous contrôle du dit président de la république). Que dire en effet de la réception fastueuse donnée à Khadafi clôturant quelques envolées lyriques droit-de-l'hommistes pendant la dernière campagne électorale, de la pitoyable volte-face concernant la rencontre avec le Dalaï-Lama après quelques mouvements de menton "mon agenda ne se décide pas à Pékin", ou encore de la vraie-fausse médiation du "président de l'Europe", bien entendu non suivie d'effet après la crise en Géorgie ?

Tout cela pourrait prêter à sourire, mais voilà, avec l'engagement intempestif d'un contingent supplémentaire de nos troupes en Afghanistan, on découvre qu'une guerre ça fait des morts et qu'il faut maintenant payer le prix du sang.

Quel besoin avait la France en effet :
- de faire allégeance à une administration américaine sur le départ, totalement discréditée dans le monde et isolée dans des schémas idéologiques et simplificateurs.
- de s'engager plus avant dans un conflit dans lequel, depuis la défunte union soviétique, chaque puissance occupante s'est irrémédiablement enlisée.
- de dégrader durablement l'image de la France dans cette partie du Monde, brutalement passée de médiateur à celle d'envahisseur.

Mais ce qui m'a révolté, je dis bien révolté, c'est entendre ledit
président de la république claironner à l'occasion de sa visite éclair à Kaboul : "si c'était à refaire je le referais..." avec les précisions suivantes : "l'envoi des troupes en Afghanistan... pas la façon dont a été menée la patrouille" autrement dit : "c'est pas ma faute, c'est celle des autres", ou l'art de ne pas assumer...

Je pense donc que le
président de la république devrait d'urgence changer de conseiller en communication. On peut toutefois redouter que ce dernier n'y soit pour rien. A défaut de bien agir, le président de la république devrait donc au minimum penser à se taire.

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