Othello

Publié le par ErMa

Nos voisins, rivaux et néanmoins amis les anglais - oui, les habitants de la Perfide Albion - ont l'art de paraître parfois particulièrement exaspérants, surtout quand il s'agit de nous railler mais il faut néanmoins leur reconnaître, nolens volens, de nombreux mérites, dont leur flegme, la résultante d'une longue histoire parfois un peu bousculée, et la classe incontestable de certains de leurs grands écrivains.

Ah ! Shakespeare ! Du peu que j'ai pu en lire à l'école, j'ai toujours trouvé Racine ennuyeux, Corneille phraseur et Molière insignifiant. Mais Shakespeare, c'est quand même autre chose. Peut-être toutefois dois-je expliquer cet enthousiasme par l'aspect récent de ma découverte.

A la suite de
Hamlet, j'ai donc entrepris la lecture de Othello. Oui, Othello le more de Venise, brillant général au service du doge, le mari infortuné de Desdémone, consumé par la jalousie...

Une nouvelle fois, je n'ai pas été décu. L'ouvrage (2€ chez Librio) se laisse lire d'une seule traite. Le déroulement du drame est limpide et lumineux. Le perfide Iago arrivera-t-il à ses fins, à détacher Othello de sa femme ? (on peut quand même se douter de la fin, vu que c'est un drame). La beauté de l'écriture, sa puissance évocatrice, d'une efficacité sans pareille, sans doute un peu écornée par la traduction de François-Victor Hugo (est-il parent avec Victor ?) se double d'une extraordinaire rigueur de la construction. A chaque scène, on imagine, on imagine : la Sérénissime et ses palais, la lagune, ses brumes, Chypre et sa Citadelle, les voiles de la flotte au retour du combat qui se détachent sur le ciel bleu. Et le soir, des pas furtifs dans les couloirs remplis d'ombre, propices aux complots... Chaque élément est à sa place et s'intercale à point nommé dans l'ensemble. A l'époque actuelle Shakespeare eût sans doute été un scénariste très recherché.

Plus dépouillé que Hamlet, un soupçon moins universel sans doute, mais néanmoins remarquable, et provoquant la même impression, à savoir qu'une oeuvre pareille, riche d'une multitude de facettes ne peut vraiment s'appréhender qu'en y revenant plusieurs fois. Il va donc de soi que l'exploration de ce chef d'oeuvre ne saurait à mon avis être complète sans avoir vu la version cinématographique de Orson Welles tournée à Essaouira
en 1952. Le tournage connut nombre de vicissitudes qui pourraient à elles-mêmes faire l'objet d'un roman. C'est donc avec impatience que j'attends de recevoir le DVD commandé sur Amazon.

A suivre, donc...

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