Pour mon plaisir et ma délectation charnelle
"Pour mon plaisir et ma délectation charnelle" de Pierre Combescot - Grasset.D'abord, posons-nous la question qui tue : qu'est ce qui motive un auteur à écrire un livre sur un tel sujet et un citoyen de base à l'acheter en librairie ? Un certain masochisme ? Un penchant inavoué pour le morbide ? Hmm... J'ai fini par me dire qu'avec ce genre de réserves les polars et bon nombre de films n'existeraient pas, surtout ceux projetés actuellement dans les salles obscures, où il est question de façon récurrente de serial-killers et de toutes sortes d'atrocités. Aussi j'ai fini par me dire que cette fascination pour l'abîme était inscrite, nolens volens, dans la nature humaine, et c'est donc dans un état d'esprit plutôt décomplexé que j'ai acheté ce bouquin, d'autant plus qu'il n'est pas épais et écrit gros, ce que j'apprécie tout particulièrement.
Il s'agit donc de l'histoire de Gilles de Rais, le compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, alias Barbe-bleue, personnage terrifiant et de sinistre réputation, racontée par un écrivain de renom, puisque prix Médicis 1986 et Goncourt 1991.
Afin d'apprécier l'ouvrage, prière de se munir au minimum du Petit Robert, le mien - en 2826 pages - n'ayant d'ailleurs pas été suffisant pour y trouver la signification de certains termes employés dans le livre.
La biographie est fidèlement retracée, de l'explication de l'ascendance de Gilles de Rais jusqu'à l'après du procès, ce que j'ai pu vérifier sur internet. Contrepartie de cette rigueur dans la documentation : c'est vraiment très foisonnant et on a parfois du mal à s'y retrouver dans les diverses filiations des personnages et dans les motivations des uns et des autres car il n'est question que de complots, possessions, vengeances, assassinats, etc,...
Le but principal de l'entreprise consiste a priori à tenter d'expliciter pourquoi un homme d'un tel renom a pu s'engager dans cette spirale infernale. L'auteur ne nie pas qu'une certaine prédisposition à l'horreur pré-existait dans le psychisme de Gilles de Rais, mais il pointe également les vicissitudes de cette époque troublée où guerre, pillage, brigandage, etc,... conduisaient les hommes à exprimer sous la contrainte (ou l'invitation des événements ?) la brutalité présente en eux. On peut donc imaginer que ce mécanisme a désinhibé Barbe-bleue, en l'amenant à commettre de telles horreurs (certaines sources parlant de 140 enfants sacrifiés).
Il serait donc de bon ton d'insister sur le brio de l'auteur à démonter le processus ayant conduit à libérer "le monstre qui sommeille en nous", mais je pense que cette tentative d'explication serait au total bien convenue. Personnellement, j'ai plus particulièrement apprécié la flamboyance du style (nécessitant tout de même quelques efforts de recherche de vocabulaire comme dit précédemment) ainsi que la rigueur de la reconstitution historique avec en particulier la description de l'atmosphère qui régnait à cette époque.
On en ressort un peu remué naturellement, mais également sous le charme de la performance littéraire, ce qui est somme toute assez dérangeant.
Afin d'apprécier l'ouvrage, prière de se munir au minimum du Petit Robert, le mien - en 2826 pages - n'ayant d'ailleurs pas été suffisant pour y trouver la signification de certains termes employés dans le livre.
La biographie est fidèlement retracée, de l'explication de l'ascendance de Gilles de Rais jusqu'à l'après du procès, ce que j'ai pu vérifier sur internet. Contrepartie de cette rigueur dans la documentation : c'est vraiment très foisonnant et on a parfois du mal à s'y retrouver dans les diverses filiations des personnages et dans les motivations des uns et des autres car il n'est question que de complots, possessions, vengeances, assassinats, etc,...
Le but principal de l'entreprise consiste a priori à tenter d'expliciter pourquoi un homme d'un tel renom a pu s'engager dans cette spirale infernale. L'auteur ne nie pas qu'une certaine prédisposition à l'horreur pré-existait dans le psychisme de Gilles de Rais, mais il pointe également les vicissitudes de cette époque troublée où guerre, pillage, brigandage, etc,... conduisaient les hommes à exprimer sous la contrainte (ou l'invitation des événements ?) la brutalité présente en eux. On peut donc imaginer que ce mécanisme a désinhibé Barbe-bleue, en l'amenant à commettre de telles horreurs (certaines sources parlant de 140 enfants sacrifiés).
Il serait donc de bon ton d'insister sur le brio de l'auteur à démonter le processus ayant conduit à libérer "le monstre qui sommeille en nous", mais je pense que cette tentative d'explication serait au total bien convenue. Personnellement, j'ai plus particulièrement apprécié la flamboyance du style (nécessitant tout de même quelques efforts de recherche de vocabulaire comme dit précédemment) ainsi que la rigueur de la reconstitution historique avec en particulier la description de l'atmosphère qui régnait à cette époque.
On en ressort un peu remué naturellement, mais également sous le charme de la performance littéraire, ce qui est somme toute assez dérangeant.