Le huit
"Le huit" de Katherine Neville - Pocket. Les périgrinations rocambolesques des pièces d'un jeu d'échecs fabuleux d'origine maure, apparu pour la première fois du temps de Charlemagne, doté de propriétés stupéfiantes, que successivement Richelieu, Talleyrand, Robespierre, Marat, Catherine de Russie (excusez du peu) ont convoité, et depuis lors dispersé au quatre coins de l'univers. Il est dit que celui (celle) qui saurait reconstituer l'ensemble disposerait d'un pouvoir stupéfiant et deviendrait en quelque sorte le Maître de l'Univers.
De prime abord, pas d'une originalité foudroyante, certes, mais pas inintéressant non plus. J'ai donc estimé que ce frileur ésotérique, en quelque sorte un ancêtre du "Da Vinci code" saurait agréablement meubler mes vacances.
Las... J'ai du déchanter rapidement et ce n'est que parce que je n'avais rien d'autre à me mettre sous la dent que j'ai finir par venir à bout de ce pavé de 958 pages. Impressions.
USA, France, Russie, Algérie, au travers des siècles : voici le cadre de ce roman. On y est mais on a du mal à y croire, tant l'intrigue est cousue de fil blanc. Quant aux personnages historiques sus-mentionnés, ils se sont effectivement rencontrés dans l'histoire ce qui est en soi un exercice du genre périlleux. Et donc, ratage sur toute la ligne : la psychologie de ces êtres évidemment très complexes est évoquée avec une naïveté confondante, et l'épaisseur de leurs traits de caractère avoisine celle d'une feuille de papier à cigarette. A un moment j'ai voulu croire que ce schématisme outrancier n'était en fait qu'un jeu, celui d'un exercice de style revendiqué, mais on finit assez rapidement par entrevoir derrière tout ça la vision du monde que peut avoir une citoyenne US type, de celles qui n'ont jamais trop fait l'effort de réellement comprendre les autres cultures, et là ça devient franchement affligeant. Les français pendant la révolution ? Une bande d'escogriffes, de va-nu-pieds ne respectant rien, pas même la religion. Les algériens ? Des êtres fourbes qui ne cherchent qu'à vous manipuler. Madame a soif pendant son séjour en Algérie ? Qu'à cela ne tienne : une petite lichette de vin rosé, amenée par un serviteur zélé (car Madame, c'est quelqu'un...) ou une bière sauront désaltérer Madame (dans un pays musulman...). Etc,... etc,... Vu de cette fenêtre, le monde n'est qu'une sorte de décor follement lovely and picturesque, puisque la fin, le moment où sont sensées se passer les choses importantes, le lieu où l'on finit par découvrir que tout se trame se situe lieu où ?... Devinez... Aux USA, bien sûr. On voit le genre.
Dans ce bouquin, comme il se doit, les hommes sont mystérieux, follement séduisants. Les gentils sont beaux, grands et forts (à des degrés divers quand même), et les méchants pas beaux, voire couverts de pustules, comme l'ignoble Marat, le révolutionnaire exalté qui finira assassiné dans sa baignoire, par... un sosie de Charlotte Corday...
Bref, du grand n'importe quoi. Et ce qui a vraiment achevé de m'attrister, c'est l'écriture. Passe encore pour l'histoire qu'on peut tenter de lire avec obstination au Nième degré. Mais le style, alors là c'est vraiment too much. C'est un salmigondis informe, mélange de Barbara Cartland et de Enid Blyton. Bref, la Bibliothèque Rose revue par les éditions Harlequin. A côté de Katherine Neville, Lévy (Marc, pas Bernard-Henri) passerait presque pour une sorte de Marcel Proust.
J'ai entendu dire qu'un individu moyen ne lisait dans sa vie que de l'ordre de quelques centaines de livres. Question de disponibilité, bien évidemment. Alors, à quoi bon perdre son temps ? Ceci apparaîtra donc comme une bonne raison de fuir ce navet.
De prime abord, pas d'une originalité foudroyante, certes, mais pas inintéressant non plus. J'ai donc estimé que ce frileur ésotérique, en quelque sorte un ancêtre du "Da Vinci code" saurait agréablement meubler mes vacances.
Las... J'ai du déchanter rapidement et ce n'est que parce que je n'avais rien d'autre à me mettre sous la dent que j'ai finir par venir à bout de ce pavé de 958 pages. Impressions.
USA, France, Russie, Algérie, au travers des siècles : voici le cadre de ce roman. On y est mais on a du mal à y croire, tant l'intrigue est cousue de fil blanc. Quant aux personnages historiques sus-mentionnés, ils se sont effectivement rencontrés dans l'histoire ce qui est en soi un exercice du genre périlleux. Et donc, ratage sur toute la ligne : la psychologie de ces êtres évidemment très complexes est évoquée avec une naïveté confondante, et l'épaisseur de leurs traits de caractère avoisine celle d'une feuille de papier à cigarette. A un moment j'ai voulu croire que ce schématisme outrancier n'était en fait qu'un jeu, celui d'un exercice de style revendiqué, mais on finit assez rapidement par entrevoir derrière tout ça la vision du monde que peut avoir une citoyenne US type, de celles qui n'ont jamais trop fait l'effort de réellement comprendre les autres cultures, et là ça devient franchement affligeant. Les français pendant la révolution ? Une bande d'escogriffes, de va-nu-pieds ne respectant rien, pas même la religion. Les algériens ? Des êtres fourbes qui ne cherchent qu'à vous manipuler. Madame a soif pendant son séjour en Algérie ? Qu'à cela ne tienne : une petite lichette de vin rosé, amenée par un serviteur zélé (car Madame, c'est quelqu'un...) ou une bière sauront désaltérer Madame (dans un pays musulman...). Etc,... etc,... Vu de cette fenêtre, le monde n'est qu'une sorte de décor follement lovely and picturesque, puisque la fin, le moment où sont sensées se passer les choses importantes, le lieu où l'on finit par découvrir que tout se trame se situe lieu où ?... Devinez... Aux USA, bien sûr. On voit le genre.
Dans ce bouquin, comme il se doit, les hommes sont mystérieux, follement séduisants. Les gentils sont beaux, grands et forts (à des degrés divers quand même), et les méchants pas beaux, voire couverts de pustules, comme l'ignoble Marat, le révolutionnaire exalté qui finira assassiné dans sa baignoire, par... un sosie de Charlotte Corday...
Bref, du grand n'importe quoi. Et ce qui a vraiment achevé de m'attrister, c'est l'écriture. Passe encore pour l'histoire qu'on peut tenter de lire avec obstination au Nième degré. Mais le style, alors là c'est vraiment too much. C'est un salmigondis informe, mélange de Barbara Cartland et de Enid Blyton. Bref, la Bibliothèque Rose revue par les éditions Harlequin. A côté de Katherine Neville, Lévy (Marc, pas Bernard-Henri) passerait presque pour une sorte de Marcel Proust.
J'ai entendu dire qu'un individu moyen ne lisait dans sa vie que de l'ordre de quelques centaines de livres. Question de disponibilité, bien évidemment. Alors, à quoi bon perdre son temps ? Ceci apparaîtra donc comme une bonne raison de fuir ce navet.