廣州 | Canton (journal de voyage en style télégraphique)

Publié le par ErMa

Académie Chen

Renmin Road : une rue à arcades qui part vers l'intérieur de la ville, un peu crasseuse. Ambiance un peu années trente. Au dessus, une bretelle d'autoroute dont on n'aperçoit que les piliers. Au dessus, invisible, un ronronnement persistant. Au ras du sol, des échoppes, des promeneurs, des petits restaus. Bifurcation vers une rue piétonne et marchande. Shangaï Road. Des tas de marchands comme chez nous. T-shirts, polaires, fringues de toutes sortes. Un peu plus loin, une place très peuplée, McDo et KFC. Les  habituelles décorations du nouvel an chinois. A main droite part une une ruelle plus populaire. Les vendeurs ont envahi l'artère, bordée de tilleuls ou d'arbres un peu dans ce genre.

Canton DowntownOù allons-nous ?

Difficile, quand on ne connaît pas, de se repérer. Canton est une ville immense avec au milieu un petit nombre de spots présentant un intérêt historique ou architectural. Nous avons choisi de marcher.

Partir à la rencontre de la vraie vie, la vraie vie des vrais gens, pas ce qu'il y a dans les brochures touristiques. Même si au bout du compte  on peut penser que l'on perd du temps.

Un grand centre commercial, plein de produits comme chez nous mais pas de chez nous. Une rue part sur la droite. On longe Liwan Parc (荔灣湖公園). A l'intérieur, un restaurant plutôt classe où des chinois aisés achèvent leur repas. Un peu plus loin, le long d'un vaste étang, des petits pavillons loués à la journée. Des jardins ornés de bonsaïs. Des familles se sont réunies, pour célèbrer l'année nouvelle qui s'annonce.

Plus loin, un temple dans lequel des habitants ont entrepris de faire leurs dévotions. Une odeur d'encens laissé par des bâtonnets qui se consument.

Puis une très large avenue, que nous suivons sur une longueur incroyable. Peu de voitures. Des groupes, apparemment en week-end, flânent. A certains carrefours, de hauts immeubles. Je repère une enseigne : "Carrefour".

Arrêt à Académie Chan (陳氏書院/陳家祠). En voilà, un spot, mentionné dans tous les guides. Des touristes locaux font la queue pour acheter leur billet. Le bâtiment est sombre et ceinture un jardin délicat. A l'intérieur, de vastes salles ouvertes sur des sortes de patios. Y sont exposés les éléments les plus remarquables de l'histoire de l'art. Intéressant, impressionnant, voire époustouflant par moments. Je note la maquette imposante d'une jonque en ivoire ciselée dans la masse avec des détails et une finition d'une précision hallucinante. Un peu plus loin, un artiste très concentré peint avec minutie un objet placé dans une bouteille.

Pagode des 6 BaniansUn peu plus loin, dans une ruelle transversale, le Temple des Six Banians (六榕寺), une pagode sombre élancée vers le ciel blanc. La face arrière du ticket  d'entrée m'apprend qu'elle a été fondée pendant la dynastie des Song, c'est à dire il y a bien longtemps. Devant l'enceinte, des mendiants, pour la plupart estropiés, se sont installés.

Retour dans cette avenue interminable, toujours. Le quartier devient plus populaire, les arcades réapparaissent. A l'intérieur, des petits magasins d'habits, d'objets divers. Le sol est défoncé. Des travaux. Des échafaudages en bambou.

Une vaste artère sur la gauche. Toujours cette même habitude d'y placer, à l'étage au dessus, une bretelle d'autoroute colossale soutenue par de massifs poteaux en bétons. Nous obliquons en direction du Jardin aux Orchidées en faisant l'impasse sur le mémorial de Sun-Yat-Sen. Il fait froid, il commence à faire sombre. Plus beaucoup de temps. Se dépêcher. En un sens, ça tombe bien, marcher vite réchauffe. Cette visite vaguement préparée, maintenant proche de sa fin, et qui se déroule comme ça de plus en plus rapidement, me donne l'impression un peu déroutante d'une chorégraphie, une sorte de mouvement intérieur qui se matérialise au fil de mes pas.

La nuit tombe. Yuexiu Park (越秀公園) délivre son aura de mystère. Silencieux, avec pas beaucoup de monde. Un petit sentier longe un étang à l'aspect vaporeux, se perd dans les arbres,  puis s'élève à l'assaut d'une petite colline. Nous débouchons sur une sorte de place en bordure de la végétation. Un bâtiment en pierre rouge sombre avec un toit multiple façon pagode nous fait face, surgissant de derrière un mur imposant surmonté de drapeaux multicolores. Je déchiffre sur le fronton : Guangzhou Municipal Museum | 镇海楼. Sous nos pas, un stade de foot de dimensions impressionnantes, apparu comme ça au débotté, comme si la terre s'était entrouverte sur nos pieds.

Bientôt l'heure. Voici venu le moment du retour, irrémédiable et définitif. Nous franchissons la clôture, pour nous diriger vers la lumière. Puis nous nous engouffrons dans la bouche de métro apparue devant nous, en direction de la gare.

De toute la journée, pas vu un seul européen.

Publié dans Explorer

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