澳門 | Macao, l'art du dévoilement

Arrivée pas très accueillante dans "l'enfer du jeu". Dès la sortie du débarcadère, après une petite heure de traversée depuis Hong Kong, quelques rabatteurs désinvoltes tentent de vous orienter vers des casinos. Température 7°c, vent glacial. Sale temps pour les tropiques.
Regard sur le plan. Prise de tête. La ville semble se dérober. On longe Fisherman's Wharf, apparaît une sorte de volcan hideux, une série de bâtiments kitsch et toc, des pagodes rutilantes, des minarets incongrus qui dépassent, une version en modèle réduit du Potala, un remake asiatique de Las Vegas. Le factice qui saute tristement au visage sous un ciel de plomb.
Scellés au murs, apparaissent les premiers azulejos. La plaque en céramique de la rue, blanche et bleue, arbore la mention "R. de Luis Gonzala Gomes". Un petit parfum de Portugal - oh si léger - s'exhale enfin de l'enfer de béton. Derrière les bâtiments surgit un hiatus architectural, un épi de blé de dimensions colossales, quelque chose d'irréel, l'intrusion de Salvador Dali dans mon univers quotidien. Où suis-je donc ? Nous approchons ce monolithe baroque, nous levons les yeux. "Grand Lisboa". Un casino. Bien sûr.
Regard sur le plan. Prise de tête. La ville semble se dérober. On longe Fisherman's Wharf, apparaît une sorte de volcan hideux, une série de bâtiments kitsch et toc, des pagodes rutilantes, des minarets incongrus qui dépassent, une version en modèle réduit du Potala, un remake asiatique de Las Vegas. Le factice qui saute tristement au visage sous un ciel de plomb.
Scellés au murs, apparaissent les premiers azulejos. La plaque en céramique de la rue, blanche et bleue, arbore la mention "R. de Luis Gonzala Gomes". Un petit parfum de Portugal - oh si léger - s'exhale enfin de l'enfer de béton. Derrière les bâtiments surgit un hiatus architectural, un épi de blé de dimensions colossales, quelque chose d'irréel, l'intrusion de Salvador Dali dans mon univers quotidien. Où suis-je donc ? Nous approchons ce monolithe baroque, nous levons les yeux. "Grand Lisboa". Un casino. Bien sûr.
L'avenue de Almeida Ribeiro, l'artère principale prend naissance à main droite, un peu plus loin. Elle mène sur le Senado Square, ou l'ambiance lusitanienne soudain se précise. Une foule compacte s'est assemblée sous les décorations du nouvel an chinois, les lampions rouges, des dragons nonchalants. Un peu plus loin, en jouant des coudes comme je sais si bien le faire, on parvient aux ruines de Sao Paulo. Des groupes de touristes bavards immortalisent cet instant. Je me revois chez moi devant la télé, avec les différentes webcams de la météo du monde qui défilent : Amsterdam, Berlin, Hollywood, Macau... C'est mieux en vrai. Forcément.La citadelle qui domine cet édifice abrite le remarquable musée de Macao et prodigue des vues imprenables sur la "zone administrative spéciale". Par delà les meurtrières de la grande muraille en pierre, les fûts en bronze des anciens canons sont pointés en direction du Grand Lisboa et surplombent l'ancienne cité portugaise. Bâtiments blancs et ocre, terrasses qui dévalent la pente. Un fouillis de fil électriques, du linge qui sèche sur les terrasses. Des gratte-ciel en front de mer. Sur le côté, réduite à un chenal somme toute assez étroit, l'embouchure de la Rivière des Perles, avec les portiques de la zone portuaire.
Un peu plus loin, disparaissent dans la brume les premiers contreforts du territoire chinois.Il faut rester à Macao plusieurs jours. Flâner au gré du hasard dans ses ruelles étroites. S'imprégner de l'atmosphère. Longer la mer. Faire abstraction de certaines de ses verrues immondes (ce qui exige un élémentaire effort d'imagination). S'attarder dans le marché aux poissons. Respirer le calme du cimetière protestant. Chiner chez les antiquaires chinois. S'octroyer une halte méditative dans un des temples de Tin Hau et s'imprégner de l'odeur d'encens. Déguster de la tarte aux oeufs. Déchiffrer les menus des restaus de la Rue de la Félicité. Se laisser emporter par la foule des travessas bondées. S'attarder dans ces quartiers reculés vaguement sordides.
Mais le temps passe si vite. Il fallait déjà revenir. On longeait des bâtiments pharaoniques. Des halls de marbre. Des cars bondés. La nuit qui tombait. Des néons qui s'allumaient.
Je reviendrai à Macau. Du moins je le pense.