Retour à l'atome ?

Publié le par ErMa

En un temps où le baril de pétrole dépasse 140 dollars, en route pour les 200, 300, que sais-je, à une époque où tout le monde commence à comprendre que le pétrole s'épuise et où il est raisonnablement acquis que que les émissions de CO2 liées principalement à la combustion du charbon contribuent réellement au réchauffement climatique, je me suis livré à un petit calcul.

Partant de la consommation française actuelle, j'ai exprimé combien d'habitants pouvaient être alimentés en électricité avec les trois dispositifs suivants :
a) un panneau solaire moyen de 10 m²,
b) une grande éolienne délivrant 2 MWe,
c) une centrale nucléaire.

Le résultat est le suivant :

a) le panneau solaire assure les besoins en électricité de 0,2 personne,
b) l'éolienne assure les besoins en électricité de 500 personnes environ,
c) la centrale nucléaire assure les besoins en électricité de 1 million de personnes.

La conclusion, me direz-vous ? Pour moi, elle est limpide. Même si les énergies renouvelables constituent une solution éthiquement satisfaisante (on prélève ce que la nature nous donne au lieu de puiser sans vergogne dans des réserves à une vitesse un million de fois plus élevée que la vitesse où celles-ci se sont constituées), même s'il est essentiel de développer une politique d'équipement ambitieuse, au bout du compte, rien n'y fait : les énergies renouvelables sont vouées à n'être qu'un appoint... A moins de développer des réflexes de sobriété énergétique consistant à réduire considérablement nos besoins, attitude dont j'ai du mal à percevoir la réalité à ce jour...

Alors quoi faire ? Le nucléaire ? Il est rentré dans l'histoire par la mauvaise porte : Hiroshima, les accidents de Tchernobyl, Kyshtym, Windscale n'ont pas franchement contribué à asseoir sa réputation de technologie sûre... De plus, les réserves d'uranium, comme celles de pétrole, sont vouées à l'épuisement à une échéance - ceci m'a surpris - relativement proche, et la gestion des déchets n'est pas sans poser des problèmes... La fusion (en cours de démonstration avec le protoptype ITER en construction à Cadarache) ? Pas opérationnelle à l'échelle industrielle avant un siècle...

C'est alors que m'est revenue à l'esprit une conversation que j'avais eue avec mon chef à l'époque où je travaillais dans le nucléaire... Ciel, je me suis démasqué... Eh oui, je suis coupable de ce vice abominable !!! Il m'avait parlé d'une nouvelle filière de réacteurs dite "à sels fondus" basés sur la l'utilisation du thorium, et qui semblait très prometteuse. Je me souviens notamment avoir retenu que ce procédé permettait d'épurer en continu les déchets ("produits de fission") engendrés par la réaction. Renseignements pris sur internet, j'ai appris qu'une coopération, le Forum "Génération IV", s'était constituée pour promouvoir à l'horizon 2030 le développement d'une série de nouveaux réacteurs dont celui-ci ferait partie, et qui constitueraient une réelle rupture technologique. Parmi les avantages : des quantités de déchets considérablement réduites et l'utilisation de thorium à la place de l'uranium. Le thorium est un élément très abondant dans la nature, et les réserves permettraient de faire fonctionner cette technologie pendant plusieurs milliers d'années.

Eh oui, d'autres voies sont possibles. Ne nous interdisons donc pas de penser, sans préjugés, "en dehors de la boîte"...

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Q
Un blog estampillé Libération consacré aux sujets environnementaux, et qui semble un peu plus sage que les excités du retour à la nature :<br /> <br /> http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/
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