Adieu le Point
Et puis, se superposant à cette lassitude ambiante, l'élection présidentielle est entre-temps passée par là. Je ne sais pas si à ce moment le journal a fini par dévoiler son vrai visage... Je n'ai pas trop cherché non plus si un changement d'actionnaire était la cause d'une modification de la ligne éditoriale, mais progressivement le magazine s'est présenté sous un autre jour... J'étais bien conscient que "le Point" n'était pas franchement de gauche, mais quand même... Les éditoriaux de Claude Imbert, stimulants il a quelques années, m'apparaissaient de plus en plus comme des lamentations stériles et ampoulées sur l'état de la France. Quant aux philippiques anti-fonctionnaires de Jacques Marseille, même si elles reposent sur un certain fond de vérité, j'avais de plus en plus de mal à les prendre aux sérieux. Et que dire des articles politiques, oscillant entre le cirage de pompes le plus servile et l'exploitation outrancière du fonds de commerce pipole sur la vie privée du président avec grand renfort de pseudo-indiscrétions...
Mais la faute de goût majeure, qui précipita ma décision fut le passage de Catherine Pégard du poste de chef du service politique du journal à celui de conseillère en communication de Sarkozy. Quoi, un journal qui se prévalait d'une certaine indépendance, se livrer, en toute bonne conscience, à ce genre de pratiques !
Donc, exit Le Point depuis un mois. Mais le magazine ne semble pas l'entendre de cette oreille. Après plusieurs relances de plus en plus empressées pour renouveler mon abonnement auxquelles je n'ai pas donné suite, suivies d'une lettre m'annonçant que mon dernier numéro était envoyé, je continue néanmoins à recevoir régulièrement le Point...
A suivre donc...