Le retour des surhommes

Publié le par ErMa

Au début des années 90, des décès suspects firent leur apparition dans le monde du vélo. L'équipe de Hollande en particulier. Un certain nombre de cyclistes ne se réveillèrent pas de leur sommeil ou furent victimes d'arrêts cardiaques inhabituels pour des sportifs de haut niveau...

Le coupable : l'EPO, ou érythropoïétine. Hormone de synthèse, utilisée notamment pour traiter les anémies sévères et détournée de son usage thérapeutique. Elle facilite la fabrication de globules rouges, la capacité d'oxygénation du sang et, in fine, la performance sportive.

Petit problème cependant, l'EPO augmente la viscosité du sang, et dans ce liquide épaissi les thromboses peuvent survenir. C'est ce qui a (peut-être) été fatal à ces jeunes gens décédés dans la fleur de l'âge.

Ceci n'a (toujours) pas empêché que tous les ans, au mois de Juillet plus précisément, les surhommes
réapparaissent. Courbés sur leur machine en fibre de carbone, il défient les lois de la biologie, escaladent les cols les plus pentus sans avoir l'air de respirer. Parmi eux on pouvait tout particulièrement remarquer cette année d'aucuns sponsorisés par une marque de chaudières (*) (ça ne s'invente pas), pédalant avec une aisance stupéfiante.

... Oui, stupéfiante, c'est le mot.

Et ce qui devait arriver arriva : certains de ces messieurs se firent surprendre les doigts dans l'EPO (troisième génération) dont l'ineffable Riccardo Ricco.

A une époque où le principe de précaution est érigé en dogme absolu, à  l'ère du soupçon envers tout produit non strictement naturel, on peut bien se demander ce qui peut pousser certains à mettre en péril leur santé.

Le réponse ? Elle est simple, lumineuse et limpide, comme le fait remarquer le Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste des affaires de dopage : l'EGO. Ah ! Se retrouver dans le journal, entendre parler de soi, faire la bise à Miss Limousin, c'est quand même quelque chose... Et puis, le pire n'est jamais sûr, advienne que pourra, carpe diem, comme dirait l'autre.

Tout ceci me rappelle une phrase de Ambrose Bierce, qui apparaissait en-tête sur les pages de garde des Bob Morane que je lisais quand j'étais petit :

"il faut vivre dangereusement"...

A votre santé m'sieurs dames !


(*) quand il était coureur, le "directeur sportif" de ladite équipe aurait réchappé de justesse à un grave malaise pendant le Tour de Romandie, consécutif à l'emploi expérimental de PFC, produit à la fonctionnalité similaire à l'EPO, mais un peu plus exotique.

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