Le parfum d'Adam

Publié le par ErMa

"Le parfum d'Adam" de Jean-Christophe Rufin - Folio.

L'auteur de "Rouge Brésil", prix Gongourt 2001, nous invite ici à partir à la rencontre de l'écologie radicale, ces "nouveaux  prédateurs" qui ont décidé de rendre le Monde à son état originel.


Car l'ennemi, c'est l'homme. Et plus particulièrement celui du Tiers-Monde. L'homme pauvre qui se reproduit, qui prolifère, dévaste la Terre, pollue, pille sans discernement les ressources naturelles, et finira par rendre la planète inhabitable.

Qu'il est loin, le temps où un équilibre naturel impitoyable, la présence d'épidémies, la mort prématurée du plus grand nombre
, permettaient d'accréditer l'idée que notre planète était assez grande pour permettre la survie de chacun d'entre nous ? Le moment n'est-il pas venu de rendre ses droits à la nature et permettre de préserver le futur de l'homme occidental ?

Juliette, écolo, idéaliste, crédule, un peu perturbée psychiquement finira-telle par se rendre compte de l'implacable machination dans laquelle elle est engagée ? Et ces deux baroudeurs d'une agence de renseignement, satellite plus ou moins lointain de la CIA, arriveront-t-ils, au terme de leur traque, à  mettre le grappin sur les apprentis sorciers qui agissent dans l'ombre, déjouant ainsi le cataclysme bactériologique qui se profile ?

Je m'attendais à un roman littéraire. Ce n'est pas du tout ça, le style est d'une platitude assez déconcertante, ce qui est étonnant de la part d'un membre de l'Académie Française. Par contre, sur un thème tout à fait crédible, l'intrigue se développe sur les différents continents avec une rigueur et une précision remarquables, et démonte avec une implacable lucidité la façon dont certains errements de la pensée pourraient déboucher sur des catastrophes (NB : Il ne faut pas se laisser déconcerter par les 750 pages du bouquin : c'est écrit gros et ça se lit facilement). Le mécanisme est à ce point bien fait que - j'ose l'avouer - c'est la première fois que je lis un roman de ce type sans perdre un instant le fil de l'intrigue.

Intéressant donc. Un peu caricatural et schématique certes, avec certains moments d'une naïveté assez confondante, mais
mille fois moins nébuleux que du John le Carré, et susceptible de provoquer une vraie réflexion après avoir tourné la dernière page. Ce qui est pour moi la marque d'un livre de qualité.
 

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