Nuits blanches
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Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.
Pierre Corneille - Le Cid.
Pierre Corneille - Le Cid.
Assieds-toi viens près de moi dit le Maître à l'Elève...
Figure-toi le Monde, le ciel que tu vois la nuit comme fourmillant d'étoiles, cette voûte obscure qui nous domine, figure-toi ce ciel noir d'encre aussi loin que tu veux, aussi loin que tu le peux, comme rempli d'une population homogène de ces astres qui étincellent la nuit, uniformément dispersés.
Imagine maintenant cet espace infini comme un immense oignon et considère l'une des tranches de cette pelure demesurée, située à une distance r au dessus de nos têtes, épaisse de dr, et peuplée d'un nombre d'étoiles par unité de volume dn/dV = n. Alors je te le dis mon fils, un nombre de 4.pi.r².dr.n étoiles déverseront sur nos yeux émerveillés leurs rayons.
Considère maintenant chacune des étoiles de cet ensemble : elle disperse ses rayons dans toutes les directions, sur une sphère précisément de surface 4.pi.r². Et reviens à nos yeux émerveillés. Il y a dans chacun de nos globes oculaires une fine membrane constituée de capteurs extrêmement bien conçus, qui s'appelle la rétine, réagissant à chaque grain de lumière reçue et transformant chacune de ces impulsions en une information parvenant à notre cerveau. Nos deux rétines, de surface totale, disons s, interceptent donc une (infime) proportion s/(4.pi.r²) du rayonnement total de l'étoile que nous nous étions représentée par la pensée.
Je te t'avais parlé de cette tranche d'oignon dont tu souviens qu'elle contenait 4.pi.r².dr.n étoiles... Quelle partie du rayonnement total de cette tranche percevons nous ? Simple... Il suffit de multiplier les deux termes, soit 4.pi.r². dr.n.s/(4.pi.r²), Et là, ô miracle, les termes en r² s'éliminent et on obtient n.s.dr.
Autrement dit, quelle que soit sa distance, chaque tranche d'univers apportera à nos yeux émerveillés la même quantité de lumière.
Imagine maintenant. Tu t'éloignes par la pensée. Tu pars à la rencontre du ciel. Toutes ces couches que tu rencontres additionnent leur clarté. Au bout du compte tout ça ta paraîtra d'une brillance et d'une luminosité inconcevable.
En vérité, je te le dis : la nuit n'est pas noire. Le noir n'existe pas.