Putain... 30 ans !
Yves Simon se produisait hier soir à Schiltigheim, quelque temps après son concert à l'Olympia, de retour sur scène après une longue période d'absence.
Depuis 1977 plus précisément, date à laquelle il entreprit de se consacrer plus intensément à la littérature. Non sans un certain succès d'ailleurs puisque sa carrière est émaillée de plusieurs prix dont le Médicis en 1991.
Dans la salle, le look intello rive gauche (un peu sa marque de fabrique) auquel je m'attendais était décliné à la mode provinciale translaté de trente ans dans le temps, à savoir une assistance type bobo-baby-boomer, la quarantaine bien sonnée, avec parka et chemise à carreaux façon trappeur. Représentation BlackBeur = 0.
C'est curieux, un concert, on y va parce que qu'on apprécie le chanteur, et en retour, la première impression que l'on a c'est celle des gens qui sont venus pour la même raison que nous, qui ont une bonne chance de nous ressembler un peu et qui nous présentent en quelque sorte une caricature soft de nous même. Étrange et déconcertant, mais bon....
A l'heure exacte Yves est apparu, accompagné de son orchestre. D'emblée il nous a mis à l'aise sur le mode intimiste. Longue présentation de ceux-ci. On aura pu noter au passage la présence aux claviers de Serge Perathoner, figure archi-connnue et auteur célèbre des génériques de Navarro et Ushuaia.
Putain... 30 ans c'est long ! déclara-t-il en guise d'intro.
Tout le répertoire fut largement abordé (en fait exactement le même que celui de l'Olympia en Mars 2008 comme j'ai pu le constater sur internet). Comme quoi malgré l'apparence du naturel, on peut constater que la représentation avait été minutieusement préparée. Le spectacle s'achevait comme cela pouvait se pressentir sur une version du cultissime "au pays des merveilles de Juliet" (composé en hommage à Juliet Berto), chantée a capela par les spectateurs.
J'aime Yves Simon parce qu'il a traversé une bonne partie de ma vie depuis "Macadam" en 1976, (un de mes premiers vinyls) jusqu'à "Rumeurs". Sans jamais être au premier plan, mais toujours présent en permanence, il a su ainsi éviter de sombrer dans les oubliettes comme bon nombre de ses confrères. Avec nostalgie et douceur, il nous a parlé de ce qui nous touchait vraiment : la fuite du temps, la passion, l'amitié, l'amour, la reconnaissance pour ceux qui nous ont fait grandir et "qui nous ont donné envie" (dixit l'auteur).
Un artiste, discret, discret et attachant avec, au delà du ton léger de ses compositions, une certaine dose de profondeur.
Un bon, un très bon moment, donc.