Ce que nous avons de meilleur
"Ce que nous avons eu de meilleur" de Jean-Paul Enthoven - Grasset. Le petit livre ci-contre a attiré mon attention dernièrement lors d'une visite en librairie : placé sur un présentoir juste à l'entrée, format réduit, couverture couleur crème, écrit gros à l'intérieur. En quatrième de couverture, une seule phrase : "à quel moment franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ?", interrogation somme toute très en phase avec les préoccupations d'un homme de mon âge.
Quant à l'auteur, il me semble bien que j'en ai déjà vaguement entendu parler, mais où et quand ? Mystère et bouledogue... En tout cas, fin et élégant, hiératique même, il semble sur le bandeau de couverture m'inviter à venir à la rencontre de son monde intérieur que je pressens chic. Chic et choc.
Va donc pour Jean-Paul Enthoven. Chemin faisant, j'apprends que c'est un éditeur et critique littéraire ayant pignon sur rue, impression confirmée lors de la lecture. M. Enthoven ne sort pas du lumpenprolétariat, je le situerais plutôt du côté de la gauche caviar, tendance Pétrossian, celle aux idées larges, qui n'hésite pas - c'est tout dire - à frayer avec des personnes très en vue d'un autre bord que le leur, fussent-elles d'anciens cancres ayant raté Sciences Po à cause de l'Anglais.
Mais bon, je m'égare, retour au livre, donc... Le noeud en est un lieu unique : le palais de la Zahia (zahia voulant dire joie en arabe), que j'aurais tendance à situer du côté de Marrakech, ou se côtoient différents représentants de la race des seigneurs qui vont et viennent, échangent des propos pénétrants sur la vie la mort, la jeunesse, l'amour, etc,... JPE qui - on l'aura remarqué - ne semble pas se prendre pour son cologarithme convoque comme faire-valoir dans sa réflexion pas moins que Marlon Brando, Alain Delon, Maurice Ronet, Henri Beyle, euh,... pardon, Stendhal, Proust, Churchill, et j'en passe.
Bien entendu, il s'agit d'un livre à clé, libre à chacun d'essayer de deviner qui se trouve derrière les personnages qui traversent le récit : Lewis, Ariane (allusion à "Lewis et Irène" de Paul Morand, bon Dieu, mais c'est bien sûr), Sucre d'Orge, Talitha, Lavinia, etc... Quant à moi, n'ayant pas le privilège d'être familier avec le monde de l'édition, ça a dû me passer au dessus de la tête. Forcément.
Ceci dit, on ne peut nier, malgré le caractère précieux voire prétentieux de l'ensemble, que c'est pas mal tourné du tout : des passages assez subtils, un rythme certain, un style riche et souple, une belle sensibilité et une aptitude réelle à capter les vibrations ténues de ce qui fait l'air du temps.
Comme quoi rien n'est simple...
M. Enthoven, malgré le caractère éminemment agaçant de votre prose qui a tendance à me hérisser le poil, je ne peux m'empêcher de vous concéder, en ma grande bonté, un certain talent.
Ainsi soit-il.
Quant à l'auteur, il me semble bien que j'en ai déjà vaguement entendu parler, mais où et quand ? Mystère et bouledogue... En tout cas, fin et élégant, hiératique même, il semble sur le bandeau de couverture m'inviter à venir à la rencontre de son monde intérieur que je pressens chic. Chic et choc.
Va donc pour Jean-Paul Enthoven. Chemin faisant, j'apprends que c'est un éditeur et critique littéraire ayant pignon sur rue, impression confirmée lors de la lecture. M. Enthoven ne sort pas du lumpenprolétariat, je le situerais plutôt du côté de la gauche caviar, tendance Pétrossian, celle aux idées larges, qui n'hésite pas - c'est tout dire - à frayer avec des personnes très en vue d'un autre bord que le leur, fussent-elles d'anciens cancres ayant raté Sciences Po à cause de l'Anglais.
Mais bon, je m'égare, retour au livre, donc... Le noeud en est un lieu unique : le palais de la Zahia (zahia voulant dire joie en arabe), que j'aurais tendance à situer du côté de Marrakech, ou se côtoient différents représentants de la race des seigneurs qui vont et viennent, échangent des propos pénétrants sur la vie la mort, la jeunesse, l'amour, etc,... JPE qui - on l'aura remarqué - ne semble pas se prendre pour son cologarithme convoque comme faire-valoir dans sa réflexion pas moins que Marlon Brando, Alain Delon, Maurice Ronet, Henri Beyle, euh,... pardon, Stendhal, Proust, Churchill, et j'en passe.
Bien entendu, il s'agit d'un livre à clé, libre à chacun d'essayer de deviner qui se trouve derrière les personnages qui traversent le récit : Lewis, Ariane (allusion à "Lewis et Irène" de Paul Morand, bon Dieu, mais c'est bien sûr), Sucre d'Orge, Talitha, Lavinia, etc... Quant à moi, n'ayant pas le privilège d'être familier avec le monde de l'édition, ça a dû me passer au dessus de la tête. Forcément.
Ceci dit, on ne peut nier, malgré le caractère précieux voire prétentieux de l'ensemble, que c'est pas mal tourné du tout : des passages assez subtils, un rythme certain, un style riche et souple, une belle sensibilité et une aptitude réelle à capter les vibrations ténues de ce qui fait l'air du temps.
Comme quoi rien n'est simple...
M. Enthoven, malgré le caractère éminemment agaçant de votre prose qui a tendance à me hérisser le poil, je ne peux m'empêcher de vous concéder, en ma grande bonté, un certain talent.
Ainsi soit-il.