Après la démocratie
"Après la démocratie" de Emmanuel Todd - Gallimard. C'est toujours "exciting" de lire un livre d'Emmanuel Todd, car on sait que derrière le déroulé de la thèse (à mon sens pas toujours d'une rigueur extrême, avec souvent des élucubrations et des emballements parfois inutiles), il y a quand même des fulgurances dont on pressent qu'elles déboucheront sur quelque chose qui arrivera réellement. A ce titre, il ne faut pas oublier que l'auteur connut son heure de gloire pour avoir prévu en 1976 la chute de l'empire soviétique d'après l'analyse des statistiques de mortalité.
L'avant-dernier livre, que j'avais lu il y a 2 ou 3 ans, concluait sur l'effacement progressif de l'influence des USA dans le monde et je pense que l'on peut en discerner dès maintenant les premiers effets ô combien spectaculaires avec l'apparition de la crise financière (et d'ailleurs pas seulement financière), ponctuée par la fin calamiteuse du règne de Bush à la Maison Blanche.
Il y a donc dans la lecture de Emmanuel Todd quelque chose du même type qu'un rendez-vous chez Madame Soleil. Plus sérieusement, on se prend secrètement à espérer extirper de la lecture de ses ouvrages des indices qui nous indiqueront de façon incontestable de quoi le monde de demain sera fait.
Le présent bouquin se rapporte donc à l'avenir de la société Française. Olivier Todd croit discerner certains signes annonciateurs d'une crise de la démocratie. Tout d'abord le creusement d'un vide religieux qui a débouché sur l'apparition d'une société narcissique, centrée sur son bien-être immédiat, désormais insoucieuse des grands enjeux collectifs. Ah ! l'ex-conscience de classe !.. Ensuite, la stagnation relative consécutive à l'aboutissement du processus d'éducation de masse : maintenant 30 % des Français sont diplômés du supérieur, ce pourcentage n'augmente plus et ne peut hélas pas être considéré comme un viatique pour une vie meilleure. Enfin la stratification sociale qui en résulte, où une immense majorité des Français constate impuissante une tendance inéluctable à l'appauvrissement, sous l'oeil indifférent et arrogant d'une infime minorité de privilégiés, égarés par leur cupidité.
Emmanuel Todd cultive le don de poser les bonnes questions, les questions faussement naïves, les questions qui tuent, du type : "la chute du niveau scolaire du gouvernement (dont la médiocrité intellectuelle de Sarkozy est un exemple frappant) a-t-elle un rapport avec ce qui se passe dans la société en général ?", ou alors : "quel intérêt de gagner tant d'argent que plusieurs générations ne suffiraient pas à dépenser ?", et ces questions contiennent en fait elles-mêmes leur propre réponse.
Qu'est ce qui nous attend donc après ce constat amer ?
L'avant-dernier livre, que j'avais lu il y a 2 ou 3 ans, concluait sur l'effacement progressif de l'influence des USA dans le monde et je pense que l'on peut en discerner dès maintenant les premiers effets ô combien spectaculaires avec l'apparition de la crise financière (et d'ailleurs pas seulement financière), ponctuée par la fin calamiteuse du règne de Bush à la Maison Blanche.
Il y a donc dans la lecture de Emmanuel Todd quelque chose du même type qu'un rendez-vous chez Madame Soleil. Plus sérieusement, on se prend secrètement à espérer extirper de la lecture de ses ouvrages des indices qui nous indiqueront de façon incontestable de quoi le monde de demain sera fait.
Le présent bouquin se rapporte donc à l'avenir de la société Française. Olivier Todd croit discerner certains signes annonciateurs d'une crise de la démocratie. Tout d'abord le creusement d'un vide religieux qui a débouché sur l'apparition d'une société narcissique, centrée sur son bien-être immédiat, désormais insoucieuse des grands enjeux collectifs. Ah ! l'ex-conscience de classe !.. Ensuite, la stagnation relative consécutive à l'aboutissement du processus d'éducation de masse : maintenant 30 % des Français sont diplômés du supérieur, ce pourcentage n'augmente plus et ne peut hélas pas être considéré comme un viatique pour une vie meilleure. Enfin la stratification sociale qui en résulte, où une immense majorité des Français constate impuissante une tendance inéluctable à l'appauvrissement, sous l'oeil indifférent et arrogant d'une infime minorité de privilégiés, égarés par leur cupidité.
Emmanuel Todd cultive le don de poser les bonnes questions, les questions faussement naïves, les questions qui tuent, du type : "la chute du niveau scolaire du gouvernement (dont la médiocrité intellectuelle de Sarkozy est un exemple frappant) a-t-elle un rapport avec ce qui se passe dans la société en général ?", ou alors : "quel intérêt de gagner tant d'argent que plusieurs générations ne suffiraient pas à dépenser ?", et ces questions contiennent en fait elles-mêmes leur propre réponse.
Qu'est ce qui nous attend donc après ce constat amer ?
La lutte des classes, née de ce sentiment de déclassement ? Celui-ci, né de la peur de la mondialisation ne pourrait-il pas provoquer un réflexe protectionniste à l'échelle européenne ?
Ou alors l'ethnicisation de la société, c'est à dire le recours à l'ennemi extérieur. Mais oui, l'immigré, la menace islamique, etc,.. Facile non ? Et d'autant plus en temps de crise. L'histoire en regorge d'exemples. Ça a d'ailleurs si bien marché jusqu'alors en ce qui concerne l'"insécurité", l'"immigration". A moins que les citoyens ne finissent par se réveiller et déjouent enfin les ficelles grossières du protecteur compassionnel de tous les Français.
Rendez-vous dans dix ans, donc.
Ou alors l'ethnicisation de la société, c'est à dire le recours à l'ennemi extérieur. Mais oui, l'immigré, la menace islamique, etc,.. Facile non ? Et d'autant plus en temps de crise. L'histoire en regorge d'exemples. Ça a d'ailleurs si bien marché jusqu'alors en ce qui concerne l'"insécurité", l'"immigration". A moins que les citoyens ne finissent par se réveiller et déjouent enfin les ficelles grossières du protecteur compassionnel de tous les Français.
Rendez-vous dans dix ans, donc.