Fin de projet, début de....
Ce blog n'a pas (surtout pas !...) pour vocation de parler de mon boulot, mais pour une fois je vais faire une semi-exception car je voudrais évoquer un type de situations particulières que l'on rencontre à certains moments dans sa vie.Il se trouve que pendant 4 ans et demi, j'ai travaillé sur un projet auquel j'ai consacré une grande partie de mon temps. Quatre ans pendant lesquels nous (je dis nous car il s'agit avant tout d'un travail d'équipe) avons défini ce que nous voulions, avons démarché l'organisation pour faire accepter la chose, sommes arrivés à nos fins pour voir celle-ci enfin se construire.
Peu importe ce dont il s'agit. On peut dire quand même que ça a coûté beaucoup d'argent (une somme en € avec pas mal de zéros). Bien sûr, il y a eu des conflits, des décisions difficiles à prendre, quelques erreurs sans doute, mais au bout du compte, quelle satisfaction que de voir s'ériger ce dont nous avions rêvé. Brutalement, le temps semble s'accélérer, ce qui n'était que du papier devient un objet réel. Une véritable fourmilière s'active. La pression monte, les esprits peuvent même parfois s'échauffer quelque peu, et puis...
Et puis, un jour, on se promène dans un bâtiment soudain désert. Les travaux sont terminés et le silence a pris possession des lieux. Il ne reste plus qu'à remettre cet objet, ce bel objet rutilant à ses futurs utilisateurs. Il deviendra ensuite quelque chose de parfaitement commun et fonctionnel, quelque chose d'utilitaire qui ne fera plus rêver.
Alors on aura vu l'équipe se défaire, et chacun repartir dans une nouvelle direction, avec le souvenir des moments exaltants que l'on aura parfois passés ensemble.
Inutile de dire que c'est un instant étrange, assez désagréable même. On se sent comme en apesanteur, avec un certain sentiment de vide autour de soi. Mais la clé de la réussite d'un projet, à ce que j'ai appris, c'est de savoir ANTICIPER. Et je me souviens parfaitement du jour (c'était il y a un an environ) où Théo avait débarqué dans mon bureau en brandissant un article d'une revue dont je ne me rappelle plus le nom, et intitulé : "le blues de fin de projet".
Je m'étais donc préparé à ça, et je savais que ce moment arriverait, sans trop le redouter même, car il faut savoir tourner la page.
Il reste donc à accomplir ce qui à mon sens fait l'essence de la vie. Bien regarder ce que l'on a réalisé. Avec indulgence, tolérance et esprit critique (mais aussi je dois l'avouer, une sorte de fierté). Mais pas trop longtemps, surtout pas trop longtemps. Se dire aussi qu'on a eu de la chance de vivre une telle aventure. Et se servir de ce qu'on a accompli comme une tremplin pour un nouveau départ.