Egypte

Publié le par ErMa


Je reviens d'un voyage en Egypte. Une semaine, croisière sur le Nil. Clientèle "middle-class",  les tarifs  pratiqués rendant un tel voyage pas nécessairement plus cher qu'une semaine de vacances quelque part en France, on verra pourquoi après.

C'était mon premier voyage organisé, il faut être conscient des limites d'un tel système : on vit dans une sorte de bulle, et la réalité de la vie des habitants du pays ne nous est pas directement accessible. Mais compte-tenu de la situation actuelle : terrorisme endémique, etc,.. il est malheureusement difficile de faire autrement.

Plutôt que d'infliger le récit sans aucun intérêt de ces quelques jours, j'ai préféré donner quelques chiffres qui résument un peu ce que j'ai vu.

1 : le tourisme constitue la première source de devises. Et là- dessus, les autorités de lésinent pas, pas tant pour nos beaux yeux que pour ne pas tarir le flux d'euros, de dollars et de francs suisses, etc... Depuis le massacre du temple d'Hatshepsout le 17 Novembre 1997, L'Egypte est  un pays hautement sécurisé, avec présence à tous les coins de rue d'hommes en armes, organisation des déplacements sous forme de convois, sécurisation maximum des sites touristiques avec contrôle aux rayons X, détecteurs de métaux, etc,...

2 : c'est le rapport entre le nombre de croisiéristes dans un bateau et l'effectif de l'équipage. Dans notre bateau, il y avait 82 membres d'équipage pour 150 touristes environ. En résumant, chaque couple de touristes a en quelque sorte à sa disposition une personne pour son bien-être et son confort personnel.

50 : c'est le salaire mensuel moyen en euros d'un Egyptien. Ceci explique peut-être ce qui précède. Quand on compare avec le prix d'une consommation à bord (1,50 € pour un coca), on a vite fait le calcul : le salaire moyen d'un Egyptien permet de se payer 1 coca par jour dans un bateau de croisière. Ceci vaut au touriste d'être considéré en tout premier lieu comme une source d'argent, comme le montre la photo ci-dessus : des vendeurs de djellabas avaient entouré le bateau lors du passage de l'écluse d'Edna et se livraient à leur commerce, sans doute fort prospère au demeurant (tout ceci étant resté relativement bon enfant). On a du mal à croire que l'on puisse vivre décemment dans ces conditions. En fait, la plupart des produits de première nécessité : farine, huile, etc,... sont subventionnés par l'état pour les plus pauvres, mais la vie reste sans doute extrêmement difficile pour le plus grand nombre.

90 : c'est le pourcentage de la population vivant le long du feuve, autour duquel  s'étend une mince bande de verdure et de terres cultivables, jamais plus large que quelques kilomètres, particulièrement impressionnante vue d'avion. Sans ce cordon ombilical, rien n'existerait."L'Egypte est un don du Nil", dit la formule consacrée. Si l'on corrige la densité de population (75 habitants/km²) de ce facteur on doit être à 750 habitants/km² de terre habitables, c'est à dire beaucoup de monde dans pas beaucoup d'espace.

116 : c'est le classement 2006 de l'Egypte dans l'l
ndice de Développement Humain, entre la Guinée Equatoriale et le Honduras, voir ce qui précède.

250 : c'est le nombre de bateaux de croisière voguant sur le Nil.  Ce sont en fait de véritables hôtels flottants. ll paraît que ce type de voyage remonte au Moyen-Âge. Ceux-ci se concentrent sur une distance relativement faible, puisque la construction du barrage d'Assouan a provoqué la création de hauts-fonds plus en amont, qui rendent la navigation jusqu'au Caire impossible désormais. C'est du moins l'explication officielle qui nous a été donnée. A remarquer que certaines localités en dehors du parcours habituel sont considérées comme des hauts lieux de l'intégrisme islamique, par exemple Assiout, fief historique des frères musulmans.

Voici donc, brutes de fonderie, quelques impressions.

Un dernier mot : je n'ai pas rencontré sur le navire quelques uns des contempteurs habituels de la "mondialisation ultra-libérale", ou du moins ceux-ci sont restés étonnamment discrets...
 

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