L'élégance du hérisson

Publié le par ErMa

"L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery - Gallimard.

J'ai enfin lu le livre dont tout le monde a parlé il n'y a pas si longtemps !

Résumons l'histoire : Renée, 54 ans, concierge-au-QI-élevé, si intelligente qu'elle cache aux habitants de l'immeuble bourgeois dont elle assure la garde qu'elle lit Husserl et Schopenhauer dans le texte, va finir par rencontrer Paloma, pré-adolescente suicidaire et hyper-intelligente, si intelligente qu'elle prend sa soeur, normalienne, pour une demeurée et son père, ancien ministre, pour un minable.

Les deux commères vont également lier connaissance avec M. Ozu,   japonais hyper-cultivé et super-raffiné et chacun des ces trois êtres d'exception pourra ainsi apprécier chez l'autre la marque de son intelligence et de son raffinement.

Voilà un peu le synopsis. Inutile de dire que j'ai trouvé ça 1) indigent au niveau du scénario, 2) infiniment prétentieux pour ce qui est du message délivré. Au niveau de la forme, ceci apparaît comme un exercice de style sans âme et plein de poncifs (l'asiatique raffiné...), type dissertation ou composition française d'étudiant, dans lequel on ne croit pas une seconde à la vérité des personnages.

Nos élites ne se renouvellent pas, c'est évident par les temps qui courent. Muriel Barbery me semble en être un remarquable spécimen. Il y a quelque chose qui a le don de m'agacer prodigieusement dans la posture adoptée, à savoir quand les représentants de la France-d'en-haut font semblant de s'intéresser à la France-d'en-bas, y compris en prétendant faire le bonheur de la France-d'en-bas contre son gré.

Je suis peut-être de mauvaise foi, mais j'ai vu derrière tout ça beaucoup d'arrogance et d'admiration de soi. Tout reste baigné sans aucune distance dans le référentiel d'une élite que l'on prétend pourtant dénoncer, avec ses codes et ses façons de faire : une sorte d'autisme sans doute inconscient ne laissant transparaître aucune réelle volonté de se remettre en question et de s'ouvrir aux autres. A titre d'exemple, la concierge est quelqu'un de bien parce qu'elle côtoie Marx et Purcell, références bien établies de l'intelligentsia en place, mais j'aurais préféré voir Paloma s'ouvrir aux charmes de Frédéric François ou Herbert Léonard...

C'est vraiment dommage pourtant, car il y a dans ce bouquin tout un style, une finesse d'écriture et de perception très visible, bref la marque d'un réel talent. Mais il manque l'authenticité de quelque chose vraiment vécu avec ses tripes.

Ma recommandation serait que Muriel Barbery fasse un stage d'une certaine durée aux Restos du Coeur ou au Secours Populaire pour voir les vrais gens, à compléter par une période de quelques années disons au Burkina Fasso pour voir comment on peut souffrir de la misère. Après cette période probatoire, je serai paré pour accueillir son nouveau roman avec plus de bienveillance. 
 

Publié dans Lire

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F
Ça doit être de famille, ou tu dois m'avoir beaucoup influencé... Je pense exactement la même chose de ce roman prétentieux. Je ne vois pas ce que j'aurais à ajouter ou ôter à cette critique.
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A
Voilà une critique qui dénote ! Pour ma part, j'avais aimé ce roman.
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E
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