En panne sèche

Publié le par ErMa

"En panne sèche" de Andreas Eschbach - l'Atalante.

Un sujet vraiment d'actualité (la fin du pétrole) + un écrivain que j'apprécie tout particulièrement : je pensais être parti pour quelques (de nombreuses, le livre fait 750 pages) heures de lecture. J'avoue que j'en frétillais d'avance en voyant pour la première fois le bouquin à la FNAC.

Le sujet : un incident technique provoque une baisse de production significative dans le plus gros gisement pétrolifère d'Arabie saoudite. Cet événement va progressivement déstabiliser tout le système et conduire à la destruction du monde ancien. Tout au long de l'histoire on suit les pérégrinations de Markus Westerman(n) un jeune allemand ambitieux d'abord  obsédé par la mise en place d'une méthode révolutionnaire permettant de détecter de nouveaux gisements jusqu'alors inaccessibles, ensuite... (j'arrête là pour ne pas tout dévoiler).

Au final, déception. Un terme pour résumer l'impression que m'a laissée ce frileur écologico-scientifico-économique : plat et creux.

Plat comme la Beauce ou la Charente-Maritime. A chaque page, l'ennui guette, et il faut une certaine dose de patience pour suivre l'auteur dans des considérations sans grand intérêt sur la meilleure façon de gérer une épicerie ou les inconvénients que présente une maison ancienne en matière d'économies d'énergie. A décharge, il faut quand même remarquer que le bouquin est magistralement et minutieusement documenté. Tout ce qui est décrit paraît vraisemblable à défaut d'être incontestable.

Dommage. Car pourtant, le sujet était en or (noir) si l'on peut dire, et il me semble que l'auteur aurait pu aboutir à nettement mieux avec ce matériau et son talent. Je regrette de plus en plus l'ambiance flamboyante de ses premiers romans et il m'arrive d'ailleurs de me demander  ce qui peut expliquer  un tel glissement spectaculaire de la science-fiction poétique vers ces presque-fictions hyper-réalistes, dans la lignée de "Aqua" de Jean-Marc Ligny. La mode ? Le goût du public avec ce que ça suppose en euros sonnants et trébuchants pour l'auteur ?

Courage et abnégation, Andreas ! Et j'espère que ton prochain opus signera ton retour aux sources.

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