Regain
"Regain" de Jean Giono - le Livre de Poche.Panturle, un grand gaillard un peu fruste va réussir à faire revivre un petit village de Provence déserté par ses habitants.
La raison : une femmme - Arsule - au passé douloureux, rencontée sur des hauts plateaux inondés de soleil, battus par les vents.
Je ne suis pas plus attiré que ça par la littérature "du terroir". Mais j'aime bien la nature quand même. Donc je me suis laissé tenter, d'autant plus que c'est court et écrit gros. Avec un peu de volonté, j'avais l'espoir raisonnable d'en arriver au bout.
Au final, c'est pas mal du tout. Lyrique, poétique, enflammé. Flirtant même parfois avec la boursouflure. Mais le roman exalte avec émotion ce lien tissé entre l'homme et la nature "âpre et sauvage" dixit la quatrième de couverture.
Particularité intéressant de cette édition : elle présente à la fin du texte quelques articles et commentaires qui permettent de mieux cerner la pensée de l'auteur. Il est donc possible de décoder les différents signes qui parsèment les 150 pages du récit et contribuent à élaborer les symboles caractéristiques de cette sorte de panthéisme sensuel. Ainsi, concernant les deux protagonistes principaux :
Panturle, dont le nom inclut celui du dieu de la nature dans sa totalité, protecteur des bergers, tour à tour bienveillant, dans la façon où il permet à l'homme de s'enivrer de sa grandeur et sa beauté sauvage, ou alors capable de colères terribles, matérialisées par les cataclysmes, les famines, les épidémies ou tout autre phénomène de grande ampleur. Ceci étant à l'origine du mot panique, réaction de l'homme "dissocié" devant la puissance du cosmos (Pan étant à ce titre représenté également comme le dieu de la foule).
Arsule, représentant la mise en oeuvre de l'ordre humain (les "arts & métiers"), le processus de domestication et d'appropriation de l'univers qui nous entoure.
Ce roman, où la nature est en fait le personnage principal (et omniprésent), évoque immanquablement le "Pan" de Knut Hamsun. L'histoire, pouvant être considérée comme anecdotique ou pas, selon le point de vue, permet en fait d'effleurer un thème universel et d'une profondeur vertigineuse.
Panturle, dont le nom inclut celui du dieu de la nature dans sa totalité, protecteur des bergers, tour à tour bienveillant, dans la façon où il permet à l'homme de s'enivrer de sa grandeur et sa beauté sauvage, ou alors capable de colères terribles, matérialisées par les cataclysmes, les famines, les épidémies ou tout autre phénomène de grande ampleur. Ceci étant à l'origine du mot panique, réaction de l'homme "dissocié" devant la puissance du cosmos (Pan étant à ce titre représenté également comme le dieu de la foule).
Arsule, représentant la mise en oeuvre de l'ordre humain (les "arts & métiers"), le processus de domestication et d'appropriation de l'univers qui nous entoure.
Ce roman, où la nature est en fait le personnage principal (et omniprésent), évoque immanquablement le "Pan" de Knut Hamsun. L'histoire, pouvant être considérée comme anecdotique ou pas, selon le point de vue, permet en fait d'effleurer un thème universel et d'une profondeur vertigineuse.