Stupeur et tremblements
"Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb - le Livre de Poche."Monsieur Hanada était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne."
Voilà, en deux phrases, tout est dit. Plongée donc au sein du fonctionnement d'une grande entreprise japonaise, avec ses codes, poussés jusqu'à l'absurde, qui n'ont absolument rien à voir avec ceux du monde capitaliste anglo-saxon habituel.
Pourtant, le résultat peut être le même côté brutalité puisque, de dégradation en dégradation, la jeune "stagiaire" - Amélie Nothomb - (il s'agit là du récit "romancé" d'une expérience vécue), se retrouvera à nettoyer les chiottes.
Je n'étais pas a priori attiré par Amélie Nothomb dont je n'avais jusqu'à présent pas lu un seul livre. Donc la prudence s'imposait ; aussi, pour me familiariser avec l'auteure, ai-je acheté le bouquin le plus mince, écrit le plus gros, stratégie (gagnante) déjà mise en oeuvre pour ma lecture précédente.
Au final, bonne surprise. C'est vif, nerveux, pointu, acéré, écrit au scalpel, impertinent, iconoclaste, cynique, caustique, jubilatoire, etc,...
On découvre donc la culture du pays du soleil levant, très différente de la nôtre, dont j'avais cependant un peu entendu parler via des connaissances professionnelles ayant fait l'expérience. En particulier, on notera avec effarement que, dans un pays pourtant considéré comme avancé, quelqu'un peut être 1) payé à ne rien faire 2) découragé de prendre des initiatives, 3) maintenu à son poste sans être viré en cas d'inefficacité avérée, chose totalement impensable selon la pensée matérialisto-productiviste de l'époque.
Certes, ce livre ne va pas bouleverser la littérature du XXIe siècle, mais c'est quand même sacrément agréable à lire. Il n'est donc pas exclu que je poursuive plus avant dans la découverte de la production de cette écrivaine.