Douze jours sans voir la nuit
Je voudrais parler d'un voyage merveilleux que je viens de réaliser et dont je rêvais depuis longtemps : la remontée des cotes de Norvège par l'Express Côtier ou Hurtigruten.Je pense qu'il n'est pas utile de s'étendre car de nombreuses informations sur ce moyen de transport existent sur internet, que ce soit Hurtigruten lui-même, ou alors des récits de voyage, certains très intéressants, faits par des internautes comme celui-ci ou cet autre, ou encore des photos postées sur le site de partage Flickr.
On peut juste simplement rappeler que cette ligne fût créée en 1893 par Richard With, qu'elle a longtemps constitué une sorte de cordon ombilical pour relier entre elles les localités reculées du grand nord tant les accès par mer ou par fer étaient difficiles (chose moins vraie maintenant avec le développement du transport aérien).
Il n'en demeure pas moins que ce moyen de transport reste tout à fait unique dans le monde. En fait, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un ferry dont la vocation essentielle est d'assurer la "continuité territoriale", de la Norvège. Subventionné par le gouvernement, il est dédié au transport de marchandises de voitures, mais assure également avec une affluence sans cesse croissante, le transport de passagers, que ce soit d'un port à l'autre, mais également des "croisiéristes" ayant choisi par ce moyen de faire connaissance avec ce pays splendide.
A l'intérieur, tout est confortable et de bon aloi, mais loin de l'ambiance bling-bling des croisières traditionnelles proposées sur les derniers monstres issus des chantiers navals. Tout reste relié à la vocation première du service, qui est essentiellement utilitaire, et j'ai tout particulièrement apprécié sur notre bateau - le MS Trollfjord - l'agencement extrêmement bien étudié des cabines, fruit sans doute d'un long processus de retour d'expérience issu des précédentes générations de navires.
Onze bateaux sur la ligne, onze étapes pour aller de Bergen à Kirkenes aller et retour, douze mois par an, y compris lors de la nuit polaire pendant laquelle il arrive que le soleil ne se couche pas durant plusieurs mois... Le service est impeccablement organisé, à chaque étape on croise immanquablement l'un des autres navires de la flotte, parfois même on reste quelques heures à quai avec lui lors d'escales un peu plus longues. Durant tout ce temps, on navigue à la vitesse de 15 noeuds en longeant la côte, on frôle des récifs émergeant à peine de l'eau, on voit défiler des paysages absolument sublimes. Deux ou trois escales par jour (souvent très courtes) permettent par ailleurs de visiter rapidement chacune des localités dispersées le long de l'itinéraire.
L'objectif premier était quand même un peu de voir au moins une fois dans ma vie le soleil de minuit, et de ce point de vue, pas de déception. La majeure partie du temps, grand ciel bleu avec des température avoisinant les... 20°C, si bien que nous avons pu observer le phénomène sous toutes ses coutures.
J'ai donc prévu par la suite de rédiger une sorte de carnet de voyage en postant un article par jour avec une photo judicieusement choisie. Je mesure dès maintenant la difficulté de l'exercice tant les paysages vus étaient éblouissants, et tant il paraît difficile d'en rendre une impression par une photo, choisie parmi le millier que j'ai pu prendre.
A suivre, donc.