Hurtigruten 1 | Bergen

Le thermomètre indiquait 26°c à onze heures du soir quand l'avion s'est posé après avoir survolé une côte sauvage festonnée d'îles de toutes les tailles. A cette heure précise, le soleil avait tout juste fini par disparaître sous l'horizon.
Le jour était étonnement clair.
Le chauffeur qui nous menait au centre ville, ray-ban, look "brut de décoffrage" conduisait son autobus d'une seule main. Je me souviens avoir longé l'ébauche d'un petit fjord qui ensuite s'évasait vers la mer.
A Bergen une activité encore presque fébrile semblait accompagner le passage vers minuit. Dans Torrgallmenningen, touristes et indigènes défilaient en ordre dispersé. Aux terrasses des cafés, on buvait de la bière, de la Mack, plus précisément.

Le lendemain, après une nuit agitée passée dans une chambre surchauffée (la fenêtre restée fermée semblait ménager un abri somme toute efficace contre cette variété de moustiques carnivores que semble héberger cette région du monde), le lendemain donc, en ouvrant les persiennes, grand beau temps. Et pourtant, à ce qu'il paraît, il pleut à Bergen plus de 200 jours par an. Mais ce que j'ai retenu de cette journée c'est un soleil de plomb sans un souffle d'air. L'embarquement étant prévu dans l'après-midi, nous avons mis à profit ce temps libre pour visiter Bryggen qui fut à l'époque (XIVe et XVe siècle) un des plus importants comptoirs de la Hanse où s'échangeait le poisson séché en provenant des îles Lofoten. Dans une des maisons de bois reconstruites après l'incendie de 1702, le musée de la Ligue Hanséatique (que nous avons visité au retour) permet de se familiariser avec un concept que j'ai trouvé intéressant et, pourquoi pas, promis à une nouvelle jeunesse à l'époque actuelle : le lit placard, minuscule réduit échafaudé autour d'un bâti en bois muni d'un matelas, communiquant par les deux côtés avec des pièces de séjour, et permettant de se préserver un espace d'intimité bien au chaud, étant donné que le chauffage était proscrit dans ces édifices en bois, tant les risques d'incendie étaient élevés.
Ensuite, un funiculaire très-très en pente nous a a propulsés en haut du mont Fløyen, à 320 m d'altitude, qui dévoilait un panorama prodigieux sur l'ensemble de la cité et sur les îles alentour.
A la redescente sur le vieux port, le marché au poisson (ambiance "authentique-bien-de-chez-nous"), offrait la possibilité de s'alimenter avec les produits du cru, et des aboyeurs polyglottes (français, anglais, espagnol, allemand, etc,...) se chargeaient de rabattre le pauvre touriste égaré vers les étals surchargés de crustacés, saumon, hareng, sans oublier la... baleine, et croulant sous la glace pilée.
Quand nous sommes enfin arrivés au terminal, le MS Trollfjord, blanc, noir, rouge était arrivé. Une file de passagers (plus proche de l'âge de la retraite que de celui de l'école maternelle) attendait patiemment son tour à l'enregistrement des bagages. On se serait presque cru dans un aéroport.

A huit heures 00 bien précises, le MS Trollfjord appareillait, dans son sillage les contours du fjord de Bergen s'estompaient, le navire gagnait la mer. Un étrange sentiment d'exaltation nous a tous gagnés tandis que le soleil déclinant ruisselait sur la surface des eaux absolument calme sillonnée en silence par quelques pétroliers vagabonds, en la revêtant de teintes presque irréelles, couleur "hyacinthe et or".
Et je me suis demandé si j'arriverais à dormir cette nuit là.
Le jour était étonnement clair.
Le chauffeur qui nous menait au centre ville, ray-ban, look "brut de décoffrage" conduisait son autobus d'une seule main. Je me souviens avoir longé l'ébauche d'un petit fjord qui ensuite s'évasait vers la mer.
A Bergen une activité encore presque fébrile semblait accompagner le passage vers minuit. Dans Torrgallmenningen, touristes et indigènes défilaient en ordre dispersé. Aux terrasses des cafés, on buvait de la bière, de la Mack, plus précisément.

Le lendemain, après une nuit agitée passée dans une chambre surchauffée (la fenêtre restée fermée semblait ménager un abri somme toute efficace contre cette variété de moustiques carnivores que semble héberger cette région du monde), le lendemain donc, en ouvrant les persiennes, grand beau temps. Et pourtant, à ce qu'il paraît, il pleut à Bergen plus de 200 jours par an. Mais ce que j'ai retenu de cette journée c'est un soleil de plomb sans un souffle d'air. L'embarquement étant prévu dans l'après-midi, nous avons mis à profit ce temps libre pour visiter Bryggen qui fut à l'époque (XIVe et XVe siècle) un des plus importants comptoirs de la Hanse où s'échangeait le poisson séché en provenant des îles Lofoten. Dans une des maisons de bois reconstruites après l'incendie de 1702, le musée de la Ligue Hanséatique (que nous avons visité au retour) permet de se familiariser avec un concept que j'ai trouvé intéressant et, pourquoi pas, promis à une nouvelle jeunesse à l'époque actuelle : le lit placard, minuscule réduit échafaudé autour d'un bâti en bois muni d'un matelas, communiquant par les deux côtés avec des pièces de séjour, et permettant de se préserver un espace d'intimité bien au chaud, étant donné que le chauffage était proscrit dans ces édifices en bois, tant les risques d'incendie étaient élevés.
Ensuite, un funiculaire très-très en pente nous a a propulsés en haut du mont Fløyen, à 320 m d'altitude, qui dévoilait un panorama prodigieux sur l'ensemble de la cité et sur les îles alentour.
A la redescente sur le vieux port, le marché au poisson (ambiance "authentique-bien-de-chez-nous"), offrait la possibilité de s'alimenter avec les produits du cru, et des aboyeurs polyglottes (français, anglais, espagnol, allemand, etc,...) se chargeaient de rabattre le pauvre touriste égaré vers les étals surchargés de crustacés, saumon, hareng, sans oublier la... baleine, et croulant sous la glace pilée.
Quand nous sommes enfin arrivés au terminal, le MS Trollfjord, blanc, noir, rouge était arrivé. Une file de passagers (plus proche de l'âge de la retraite que de celui de l'école maternelle) attendait patiemment son tour à l'enregistrement des bagages. On se serait presque cru dans un aéroport.

A huit heures 00 bien précises, le MS Trollfjord appareillait, dans son sillage les contours du fjord de Bergen s'estompaient, le navire gagnait la mer. Un étrange sentiment d'exaltation nous a tous gagnés tandis que le soleil déclinant ruisselait sur la surface des eaux absolument calme sillonnée en silence par quelques pétroliers vagabonds, en la revêtant de teintes presque irréelles, couleur "hyacinthe et or".
Et je me suis demandé si j'arriverais à dormir cette nuit là.