Hurtigruten 2 | Ålesund & Geiranger

Le lendemain, réveil alors que le Trollfjord naviguait au travers d'une multitude d'îlots.
Grand ciel bleu.
A midi, le bateau s'arrimait au quai d'Ålesund pour une escale de courte durée (45 mn). Avis aux stressés, il faut se dépêcher pour partir à la découverte de la ville et en revenir avant l'heure limite, car Hurtigruten n'attend jamais. Ceci pour tenir au maximum la proverbiale régularité de ses horaires, comme il se doit. Toutefois un bref coup de sirène est lancé quelques minutes avant l'appareillage pour motiver les éventuels retardataires et leur éviter la cuisante déconvenue de voir le navire s'éloigner en les laissant à quai.

Ålesund, donc : ville de taille moyenne située au centre d'un archipel bordé par l'océan, dévastée par un incendie en 1904, et entièrement rebâtie dans le style Art nouveau, ce qui lui donne une cohérence et une harmonie remarquables. Apotekertorget (ci-contre) en constitue le centre emblématique. Nous apprenons au passage quelque chose qui réactive de lointaines réminiscences de leçons d'histoire à l'école primaire : la cité est connue pour avoir été le lieu de naissance du célèbre Rollon, à qui Charles le Simple céda ce qui deviendrait par la suite le duché de Normandie, et sa statue se dresse dans un parc surplombant la ville. Mais... pas le temps de s'attarder car il nous faut déjà reprendre la navigation, direction le fjord de Geiranger, celui-là même qui figure sur tout dépliant publicitaire de la Norvège qui se respecte.
Un peu plus tard, le navire s'engage dans ce bras de mer interminable (150 km) qui va en se resserrant au fur et à mesure que nous progressons à l'intérieur des terres. De part et d'autre se dressent des pans de montagne d'une hauteur vertigineuse. Leur sommet est encore coiffé de neige.. Des cascades, des chutes d'eau innombrables, dont les célèbres "Sju Søstre", se précipitent dans les profondeurs. Au fond du fjord, deux énormes bateaux de croisière, des mastodontes tout blancs semblent sommeiller dans le léger miroitement de l'eau.

Demi-tour.
On aperçoit, bien plus haut, une route qui, en étroits lacets, part à l'assaut des flancs de cette falaise démesurée.
Le fjord s'évase de nouveau, progressivement, on voit de vastes étendues bleues et calmes, des montagnes désertes, toutes empanachées de nuages. Tout ceci paraît solennel et austère, grandiose et lointain, presque inhumain.
Voici de nouveau la pleine mer. Enfin presque. Face à Ålesund surgit un gros îlot, un caillou monstrueux. Le soleil du soir martèle sur l'océan devant moi des reflets aveuglants.
La nuit n'a pas l'air de vouloir venir.