Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
Alphonse de Lamartine.
C'est sur ce sujet que Floriane nous a demandé de broder, ce matin, lors de la séance hebdomadaire de l'atelier d'écriture. Voici ci-dessous ma production.
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Je suis une paire de chaussettes, généralement bleu marine, parfois affublée d'un dessin ridicule : Titi, Grosminet, Snoopy ou encore Woody Woodpecker, made in China, 23% coton, 76% polyamide, 1% divers. Comme vous devez le deviner, l'une ne va pas sans l'autre et mon pire cauchemar est de finir dissociée, une partie oubliée sur le parquet, l'autre lamentablement submergée sous un tas de linge sale. Sinon, que dire de mon activité principale une fois que je suis en couple et en position de remplir ma fonction ? Disons que je parcours une trajectoire complexe, se décomposant en une translation dans l'espace horizontal, à laquelle se superpose une série de rotations d'amplitude variable dont il résulte une cycloïde parfois un peu torturée, surtout lorsque j'emprunte les escaliers.
Il m'arrive - vous le savez sans doute - de subir à intervalles variables ce que j'appelle une séance de régénération. Après m'être imbibée des fluides corporels émanant des organes de mon utilisateur, une série d'opérations complexes m'est administrée : passage dans un bain de substances liquides diverses, essorage à haute vitesse (oups !...) dont je ressors profondément remuée, parée pour une nouvelle mission.
Le feutrage est, hélas, la marque de mon déclin, surtout les bouloches (ah ! les bouloches...), et le trou bien net, mais parfois seulement l'effilochage progressif et irrémédiable marquent sans coup férir ma fin de vie, encore qu'un sursis inespéré me soit parfois donné par un de ces propriétaires que l'on dit négligents, mais pour lequel j'éprouve une profond sentiment de reconnaissance.
Il m'arrive - vous le savez sans doute - de subir à intervalles variables ce que j'appelle une séance de régénération. Après m'être imbibée des fluides corporels émanant des organes de mon utilisateur, une série d'opérations complexes m'est administrée : passage dans un bain de substances liquides diverses, essorage à haute vitesse (oups !...) dont je ressors profondément remuée, parée pour une nouvelle mission.
Le feutrage est, hélas, la marque de mon déclin, surtout les bouloches (ah ! les bouloches...), et le trou bien net, mais parfois seulement l'effilochage progressif et irrémédiable marquent sans coup férir ma fin de vie, encore qu'un sursis inespéré me soit parfois donné par un de ces propriétaires que l'on dit négligents, mais pour lequel j'éprouve une profond sentiment de reconnaissance.